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martes, 3 de julio de 2012

Dr. Nédra Ben Smaïl: Plus des 3/4 des tunisiennes sont des 'vierges médicalement assistées'




"Les médecins estiment à seulement 5% les filles tunisiennes qui ne se préoccupent pas de la question de la virginité avant le mariage, 20% seraient des +vraies vierges+ et plus des trois-quarts seraient des +vierges médicalement assistées+", écrit-elle dans son ouvrage"Vierges? La nouvelle sexualité des Tunisiennes" en vente depuis samedi.
Ces dernières, ayant eu une vie sexuelle hors du mariage, "viennent dans des cabinets médicaux pour demander la réparation de l'hymen", dit Mme Ben Smaïl, expliquant avoir obtenu ces chiffres après des entretiens avec des gynécologues et avoir recueilli des centaines de témoignages anonymes via l'Internet.
Selon elle, ces cliniques, qui existent surtout à Tunis, la capitale, et Sfax (centre), facturent l'hyménoplastie entre 600 et 1.000 dinars tunisiens (300 à 500 euros).
Cette pratique a débuté dans les années 1970 en Tunisie et dans le reste du monde arabe, la virginité y restant un principe moral et religieux inébranlable.
Une Tunisienne qui a eu des relations sexuelles hors mariage est considérée "au mieux, comme la victime de ses pulsions et de sa naïveté, au pire comme une fille de mauvaise vie. Dans tous les cas, elle est un être malade et souillée", écrit l'auteure.
Paradoxalement, elle rappelle que les autorités religieuses internationales ont émis en 2007 une "fatwa" autorisant les hyménoplasties, alors que selon une étude réalisée en 2005 par l'hôpital psychiatrique Razi de Tunis, 83,7% des Tunisiens estiment qu'une femme doit préserver sa virginité jusqu'au mariage.
"La médecine vient alléger l'angoisse sociale des femmes, (...) rassure les femmes et leur offre un compromis", estime Nédra Ben Smaïl.

martes, 24 de abril de 2012

La mondialisation de l’indifférence



Asma Lamrabet




L’actualité mondiale défile devant nous. Implacablement. 

Les événements s’enchaînent et nous n’avons plus le temps de percevoir les faits dans leurs 
profondeurs tellement on nous submerge d'actualités et de nouvelles contradictoires, fausses 
ou réelles… Nous n’avons plus le temps, devant l’intensité des mots, des titres et descommuniqués, de discerner le vrai du faux, d’analyser, de réfléchir, de penser…La culture médiatique mondialisée nous impose un seul mode de pensée, celui de la réactivité. Tout est devenu réactionnel : les sentiments, la ferveur, la tristesse, l’impotence…et même l’indifférence ! On réagit à chaud. Il y a de l’émoi, le temps d’une information dramatique mais très vite et comme à chaque fois on retombe dans l’usure de l’indifférence. 

Au Sud comme au Nord, c’est la même désillusion qui règne, la même précarité morale et la même amertume qui semble habiter les consciences. On tue à petit feu à Gaza, on affame des populations innocentes, on avorte cruellement de l’aide humanitaire...Le monde se révolte, crie, se déchaîne, le temps d’une réaction …tellement humaine… Mais, dès le lendemain, déjà, c’est la même vague d’indifférence uniformisée qui revient et aplatit ces soulèvements récurrents… 

Comme si de rien n’était… 

La culture mondialisée a une force impitoyable, elle sait faire diluer de façon insidieuse dans l’infini du champ médiatique, la moindre révolte, le moindre réveil des consciences…Elle nous offre l’oubli, l’amnésie et la démission intellectuelle comme réconfort pour nos âmes. 

La mondialisation de l’indifférence nous offre en prime time tous les jours des étalages culturels sur les différences et les identités exotiques. Mais sournoisement elle nous berne avec la même musique, la même publicité, les mêmes divertissements. 

Une violence uniformisée qui, à travers toute la technologie « ultramédiatisante » envahit notre quotidien et agresse notre intimité au nom du droit et de la liberté. Elle nous vend à crédit ou à bas prix des illusions, des concepts forgés, des (dés)- informations et du « prêt à penser » que notre imaginaire, apathique, emmagasine avec une facilité déconcertante. 

Il y a désormais des « normes mondialisées » qui régissent notre quotidien et il devient pratiquement impensable d’en sortir tellement on nous fait croire que l’on est dans le tort. 

Nous avons tort de penser autrement, de refuser les utopies et les injustices. Nous avons tort de ne pas avoir les mêmes rêves. 

La mondialisation de l’indifférence, c’est aussi cela, vendre des rêves inaccessibles, diffuser une culture standardisée et vidée de sens aux plus démunis de cette planète. Au nom de la modernité, on mondialise des illusions pour les gens du Sud, on forge des barrières identitaires au Nord, on érige les assassins en victimes et les victimes en bourreaux… On exploite au nom du libre échange, on colonise au nom de la démocratie, on affame au nom des droits humains… 

Il y a sans doute beaucoup de dégâts humains forgés par cette culture uniformisante, par cette indifférence mondialisée qui s’impose presque naturellement, surtout chez les jeunes générations, qui semblent complètement déboussolées par cette absence universelle de repères. Mais c’est là une récurrence de l’histoire de la civilisation humaine. Le rapport de force entre une élite dominante et les opprimés de la terre. Ce ne sont finalement que les méthodes et les stratégies de domination qui changent. 

Il est vrai que l’indifférence peut faire des ravages pour un temps, imposer le silence, faire taire les voix de la sagesse, le temps que perdure l’hégémonie dominante, mais elle ne pourra jamais tuer les consciences humaines. 

Jamais. 

Tout simplement parce que le Créateur de ce monde les a créées libres et rebelles à l’injustice de l’indifférence. 



viernes, 2 de marzo de 2012

Protestation Féministe Anti Austérité


Aux Citoyennes et aux Citoyens
Aux Parlements Nationaux
Aux Gouvernements des Pays de L’Union Européenne
Au Parlement Européen
À la Commission Européenne
À ONU Femmes , Agence des Nations Unies pour l’Égalité des Genres et l’Autonomisation des
Femmes






En ces temps sombres d’austérité, nous dénonçons les “réponses” néolibérales qui aggravent la
vulnérabilité des femmes sur le marché du travail et sociale. Ces mesures auront comme
conséquence, pour beaucoup de personnes et, en particulier, pour les femmes, l’augmentation
du chômage et de sa durée, de la précarité de l’emploi, de l’inégalité salariale entre hommes et
femmes, de la différenciation de genre au niveau des retraites et des pensions. Face à cela, la
dimension et les impacts de la pauvreté seront encore plus dévastateurs.


Nous protestons contre la diminution de l’investissement public comme, par exemple, les
coupures budgétaires dans le domaine de l’éducation et de la santé sexuelle et reproductive ;
contre le démantèlement de services et d’équipements de soutien aux enfants et aux personnes
âgées, ou encore la marchandisation de l’accès à l’habitation. Nous ne sous-estimons pas les
effets que ces mesures ont et auront sur la vie des femmes.


Nous alertons sur le fait que ces mesures d’austérité augmentent la vulnérabilité des femmes à
la violence de genre, notamment en mettant en cause son autonomie économique.


Nous protestons contre l’aggravement des inégalités et contre l’attaque effectuée aux droits du
travail, bien comme aux droits conquis dans le domaine de la maternité et de la paternité.


Nous dénonçons la secondarisation, dans plusieurs cas le total effacement, en ces temps de
crise, des problèmes liés á la singularité de la situation des femmes au niveau familial, social et
de l’emploi.


Nous soulignons l’aggravement de l’inégalité dans les usages du temps d’hommes et de femmes
au sein de la famille, accentuant le collage culturel de celles-ci à la sphère de la reproduction, et
éloignant l’homme de la responsabilisation matérielle et affective de prise en charge des
enfants, des personnes âgées, de la famille.


Nous dénonçons la pensée néoconservatrice et « austéritaire » qui cherche à imposer des
valeurs soutenant le « retour des femmes à la maison » , en plus de politiques familialistes et
assistancialistes de soumission des droits individuels à un modèle familial unique.


Nous appelons à la souscription, individuelle ou collective, de cette protestation féministe anti
austérité, qui pourra être faite jusqu´au 6 Mars à travers l’email mmmulherespt@gmail.com
avec les données suivantes: (souscriptions individuelles) Nom, occupation, pays, moyen de
contact préférentiel; ou (souscriptions collectives) Nom de l’organisation, pays, moyen de
contact préférentiel.


Nous protestons contre le discours binaire sur les femmes : d’un côté, les femmes comme
agents décisifs pour l’économie familiale, de l’autre, l’exclusion de celles-ci de la discussion
publique critique sur la crise, notamment au niveau de la communication sociale, et dans la
recherche de formes alternatives de la concevoir.


Nous soulignons une dimension oubliée des effets de la crise au niveau des subjectivités, créant
des sentiments d’insécurité, peur du futur, dépression, isolement et la rupture des sociabilités.


Nous alertons sur le climat de peur, d’insécurité et de désespoir qui prévaut et qui en rien
contribue à la sortie de cette crise.


Nous alertons sur les mythes et les narratives hégémoniques, complaisantes et défaitistes, qui
traitent les marchés financiers comme des instances « neutres » et « innocentes », tendant à la
légitimation des actuelles politiques d’austérité qui ont pour base une idéologie de
concurrence, de maximisation et centralisation du profit, rejetant quelconque responsabilité
sociale.


Nous protestons contre les idées dominantes sur l’économie et le travail qui excluent de la
sphère du productif le travail des femmes exercé dans les espaces traditionnels, comme les
usines, les bureaux , etc.


Nous dénonçons la double, parfois, triple discrimination, dont sont victimes les femmes
transsexuelles, les femmes immigrantes, les femmes lesbiennes, les femmes porteuses
d’handicap, femmes à qui sont encore niées les droits basique de citoyenneté et qui sont
directement atteintes par ces politiques récessives.


Nous protestons contre l’absence de contrôle de millions de personnes sur leurs propres
conditions de subsistance.


NOUS DÉFENDONS


La constitution d’audits citoyens aux dettes publiques et aux plans d’austérité et que cellesci
incluent une analyse de leurs reflets sur la vie des femmes.


Des politiques alternatives à l’austérité imposée – politiques de justice sociale, politiques de
création d’emplois, politiques non discriminatoires , mais plutôt émancipatrices , qui
garantissent des droits sociaux et des droits au sein du travail , bien comme des chemins de
développement économique et social.


Le développement, au niveau politique et public, d’une culture de dignification du travail
avec des droits dans toutes les sphères de la vie.


L’inclusion de la dimension de l’égalité de genre au sein de toutes les politiques publiques.


Le soutien au développement d’alternatives économiques qui mettent le développement
soutenable de la vie humaine, de l’environnement et du bien-être collectif au centre de
l’organisation économique et territoriale.




NOUS NOUS COMPROMETTONS


À donner de la visibilité et à contribuer à la participation des femmes au sein des
mouvements de contestation sociale face à une politique inhumaine et deshumanisante.


À contribuer à la création d’instruments représentatifs de mouvements de citoyens et de
citoyennes, notamment de femmes, pour le scrutin critique, moral et démocratique, des choix
politiques et financiers.


À inscrire des perspectives critiques qui, contrariant les narratives dominantes, établissent
une relation étroite entre le fonctionnement des marchés et la démocratie.


À dynamiser des réseaux sociaux, féministes, et d’autres, dans le processus de divulgation,
information et coopération de la problématique et lutte des femmes.


À renforcer un féminisme d’agence comme champ critique et stratégique pour le
changement, en lien avec d’autres mouvements sociaux.




Nous appelons à la souscription, individuelle ou collective, de cette protestation féministe anti
austérité, qui pourra être faite jusqu´au 6 Mars à travers l’email mmmulherespt@gmail.com
avec les données suivantes: (souscriptions individuelles) Nom, occupation, pays, moyen de
contact préférentiel; ou (souscriptions collectives) Nom de l’organisation, pays, moyen de
contact préférentiel.

miércoles, 22 de febrero de 2012

Tunisie: L' égalité, une exigence de la démocratie



Le contexte coïncidait avec la polémique autour du principe de la parité homme-femme adopté au sein de la Haute instance indépendante pour la protection des objectifs de la révolution et la transition démocratique et qui ne s'est pas concrétisé au niveau des élections.
Nous avons invité Mme Mériem Sammoud, directrice exécutive, chargée des programmes au sein de la LET, à exposer les lignes directrices et la démarche de la LET, ainsi que les recommandations émises à la Constituante en matière de préservation des acquis et droits de la femme.
L'idée de rejoindre la société civile est due à une conjoncture politique où l'image de la femme semblait faire l'objet d'une controverse. Entre partisans et opposants, ses droits civiques et politiques, accumulés au fil des années, ont failli être confisqués.
Et son rôle en tant que partenaire à part entière dans la vie publique a failli être remis en question. Cinquante adhérentes se sont unies, se sont liguées, pour sensibiliser l'opinion sur l'importance du rôle capital des femmes dans le soutien de l'exercice électoral.
La vision que porte la LET à l'égard de la participation de la femme à la vie politique, telle que formulée par Mme Mériem Sammoud, se résume essentiellement dans l'espoir de vivre dans une société démocratique qui garantit l'égalité dans l'exercice du droit tout à la fois au vote et à la candidature. «C'est un premier pas sur la voie de la démocratie».
Aider la femme à exercer son droit de vote, tout en renforçant ses capacités à s'impliquer davantage, avec l'homme, dans tous les champs d'activité de la vie publique, c'est la mission principale que se sont assignées les adhérentes de la ligue.
En prélude à cette échéance, la LET s'était lancée dans une vaste campagne de formation en matière d'éducation électorale destinée à sensibiliser la femme, toutes catégories confondues, à prendre son destin en main, l'incitant à aller voter: dans le Cap Bon notamment, dans la capitale aussi et dans plusieurs régions rurales, un noyau d'électrices s'est donc formé pour agir dans une optique de proximité.
Il s'agissait de «leur expliquer comment et pourquoi voter, qu'est-ce que la Constituante et que signifie une constitution ?», souligne Mme Sammoud. «Notre activité consistait, entre autres, dans l'observation des opérations électorales. D'ailleurs, la LET était la première association à être accréditée par l'Instance supérieure indépendante des élections (Isie) en tant qu'observateur national », ajoute-t-elle. Depuis, environ 500 citoyennes ont participé aux deux meetings organisés par la LET avec les candidates en tête de liste.
En outre, un travail de réseautage a été mis en oeuvre, regroupant certaines parties concernées, à savoir «Thala Solidaire», «Zarzis Horizons» et «Femme et Citoyenneté» au Kef. La LET est aussi membre actif dans un collectif baptisé «Coalition des Femmes pour la Liberté et la Citoyenneté», aux côtés de l'association «Femmes Démocrates».
«Nous sommes aussi partie prenante dans un nouveau réseau lancé récemment, comportant dix associations, toutes engagées dans des actions en commun». Ce groupement associatif se veut, pour ainsi dire, un rempart face aux éventuelles menaces contre les acquis de la femme tunisienne.
«Mère, éducatrice ou responsable, la femme tunisienne ne cesse de se découvrir. Elle veut exceller partout», c'est une école de socialisation, où se transmettent des valeurs morales, de génération en génération. En cette phase transitoire, son apport doit être envisagé avec l'intérêt qu'il mérite. «Malheureusement, les femmes députées au sein de la Constituante ne font pas entendre nos voix auprès du gouvernement en place.
Elles n'expriment pas les préoccupations et les revendications de la femme de la rue», déplore Mme Sammoud. Le forum que vient d'organiser la Ligue des électrices tunisiennes, samedi dernier à Tunis, a été conçu en réaction à cette défaillance.
Mettre en contact direct les adhérentes de la LET avec leurs élues à l'Assemblée. Avec les représentantes de la Troïka, du Pôle démocratique moderniste (PDM), d'Al Aridha, du Parti démocratique progressiste (PDP) et de Afek Tounès. «Nous voulions, à travers cette rencontre, établir un pont de communication entre la société civile et l'ANC», ajoute encore Mme Sammoud.
Quels prolongements aura cette action au niveau de l'élaboration de la Constitution? Selon Mme Sammoud, l'égalité homme-femme est la pierre angulaire de tout édifice démocratique. Le principe de la parité, comme l'a défini la directrice exécutive de la LET, devrait se traduire dans les faits, à travers la participation politique et la représentativité électorale de façon verticale et horizontale (dans la même liste et entre les listes en lice). En outre, l'incrimination de la violence à l'égard de la femme s'avère être encore une question d'actualité et qui mérite donc d'être mentionnée dans la nouvelle Constitution.
L'Isie est au coeur des recommandations de la LET «Un acquis de taille auquel nous ne sommes pas prêtes à renoncer, bien plus, il s'agit pour nous de le défendre corps et âme pour en faire une haute instance indépendante et permanente des élections», renchérit-elle, estimant que sa continuité est une exigence démocratique.
A retenir aussi les recommandations à propos de la liberté de la presse et de l'indépendance de la justice que notre interlocutrice qualifie des deux poumons de la citoyenneté.
PAR KAMEL FERCHICHI, 6 FÉVRIER 2012

lunes, 6 de febrero de 2012

La triste réalité des femmes excisées



27 Janvier 2012

L'excision féminine, souvent appelée mutilation génitale féminine (MGF), concerne environ 92 millions de filles de plus de 10 ans en Afrique. En Ouganda, la pratique a été officiellement interdite par le gouvernement en 2009, mais elle est encore pratiquée dans les zones rurales par les tribus comme celle des Sabiny dans l'est du pays.

Libido réduite
Amina Ibrahim, une femme de 73 ans, est conseillère pour la ville de Kapchorwa dans la région de Sebei, au pied du Mont Elgon, dans l'est de l'Ouganda.
Pendant 30 ans, Amina a excisé des jeunes filles, un rite traditionnel qui consiste à couper le clitoris d'une fille vers ses 15 ans, l'initiant ainsi à l'âge adulte.
Elle gagnait environ 10 dollars par excision : "Ce rite sur les filles faisait partie d'une obligation culturelle, mais c'était également une source de revenus pour moi. J'opérais environ 50 filles par jour et j'avais de quoi vivre".
Depuis des générations, les hommes de la tribu des Sabiny ont encouragé la pratique de l'excision, affirmant qu'une femme mariée qui est excisée a un libido réduite et serait donc moins poussée à s'engager dans une relation avec un autre homme lorsque le mari est absent pendant une longue période.
Il était normal pour un homme Sabiny d'éviter une femme non excisée et les anciens n'acceptaient pas une fille non excisée dans leur case.

Complications
Mais pour Judith Yapmangusho, une femme de 52 ans et mère de six enfants, les conséquences de son excision ont été dramatiques. Après des complications génitales, elle est devenue handicapée et se déplace dans un fauteuil roulant.
"Je suis handicapée et incapable de faire quelque travail manuel que ce soit pour soutenir ma famille qui tente de survivre de l'agriculture de subsistance dans cette région montagneuse", dit Judith.
L'expérience de cette femme est un des nombreux récits de femmes qui souffrent dans le silence des conséquences de mutilations génitales féminines (MGF).
Sarah Kamuron, étudiante dans une école secondaire est pleine d'éloges concernant l'interdiction de mutilations génitales : "Les parents qui ont des croyances traditionnelles ont forcé leurs filles à se faire exciser, ce qui est une violation totale des droits des filles, donc cette loi contre les MGF arrive a point nommé", explique Kamuron.

Pour Beatrice Chelangat, directrice du programme de santé reproductive "Reproductive Educative and Community Health Programme" (REACH), le niveau élevé d'analphabétisme dans les communautés est un des facteurs majeurs contribuant à la propagation des pratiques comme la MGF : "Nous avons commencé un programme de sensibilisation dans les écoles et les communautés en zones rurales.
Et grâce à l'ambassade néerlandaise, nous allons ouvrir une station de radio "Frequency Modulation" dans le district de Bukwo pour parler de cette loi et des questions liées aux MGF".
Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), les MGF sont reconnues comme une violation des droits des filles et des femmes.
L'opération peut causer des saignements, des problèmes de vessie et plus tard, des complications lors de l'accouchement. Mais il expose également les filles au virus du sida et dans le pire des cas peut causer un handicap ou même la mort.

http://fr.allafrica.com/stories/printable/201201271290.html

La triste réalité des femmes excisées

viernes, 30 de diciembre de 2011

En 1923, Hoda Charaoui enlève son voile

Figure du féminisme en Égypte, Hoda Charaoui militait pour l’indépendance de son pays et pour les droits des femmes.
Une autre féministe, Doria Chafic, obtiendra du roi Farouk le droit de vote pour les femmes en 1951.

En Égypte, au début du XXe siècle, les dames appartenant à l’aristocratie et à la bourgeoisie n’ont aucun rôle politique ou social. Après son mariage (conclu entre les deux familles), la jeune femme doit s’occuper de son foyer, de ses enfants, obéir aux diktats de son mari, et sortir voilée pour se rendre en visite. La musulmane Hoda Charaoui, dont le nom en Égypte est synonyme de révolte, refuse alors ce statut de figurante.

Née en 1879 à Minièh (Moyenne-Égypte) dans une famille riche, elle reçoit une excellente éducation, et s’exprime parfaitement en français, la langue de l’élite. Très jeune, elle épouse Charaoui Pacha, un homme politique d’esprit ouvert. Membre du parti Al-Wafd, laïque et libéral, celui-ci consent à l’associer dans la lutte contre la tutelle britannique. Elle ne séparera jamais la cause des femmes de son combat patriotique.

Une lutte à visage découvert
En 1922, la pionnière fonde un mouvement féministe qui connaîtra un grand essor, puis une revue mensuelle, L’Égyptienne . Sa meilleure amie, Céza Nabaraoui, en devient la rédactrice en chef. La même année, elles se rendent à Rome pour assister à un Congrès international féminin. Peu avant d’arriver à Naples, Hoda décide d’ôter son voile, et Céza l’imite. Elles participeront au Congrès le visage nu.

Sur le chemin du retour, en 1923, au large d’Alexandrie, Hoda Charaoui remet son voile. Soudain, elle l’enlève d’un geste brusque. Elle ne trichera pas, et poursuivra sa lutte à visage découvert. Céza Nabaraoui suit son exemple. Au bas de la passerelle, c’est la stupéfaction. Cet acte spectaculaire vaut à Hoda Charaoui une renommée internationale.

Dora Chafic mise en prison par Nasser
En 1947, à l’heure où elle s’éteint à l’âge de 68 ans, la lutte féminine a déjà une nouvelle championne : Doria Chafic. Auteur d’une thèse présentée à la Sorbonne sur La Femme dans l’islam , celle-ci dirige un hebdomadaire de langue arabe qui lutte pour la libération féminine.

Doria Chafic fonde un mouvement politique, Bint El Nil, soit « La Fille du Nil », qui comptera très vite de nombreux membres. En 1951, elle organise une manifestation de 1 500 femmes devant le Parlement, puis pénètre dans l’hémicycle et demande aux députés d’accorder aux femmes leurs droits. Le roi Farouk consent.

La semaine suivante, l’Assemblée confère aux femmes le droit de voter et d’être élues. Arrivé au pouvoir en 1956, Gamal Abdel Nasser instaure le parti unique et met Dora Chafic en prison – elle se suicidera en 1975.

En janvier dernier, de nombreuses femmes ont largement participé à la révolution populaire sur la place Tahrir du Caire.

DENISE AMMOUN, au Caire

Source: La-Croix.com