jueves, 19 de enero de 2012

L’islam où l’histoire d’une révolution féminine avortée…

Avec l’avènement de l’islam, une dynamique de libération des femmes s’est mise en place, ce qui a ébranlé le système social de l’époque fondé essentiellement sur un régime impitoyablement patriarcal.

Encouragées par les directives du Coran et l’enseignement du prophète qui incitait les femmes à « parler pour elles mêmes », ces dernières, vont investir le champ social, transgresser les lois tribales et tenter de rompre avec les coutumes ancestrales humiliantes… Elles vont entrer en islam, contre l’approbation de la famille, du pouvoir tribal et politique de l’époque… Elles vont contribuer de manière inestimable à la diffusion du message, par leurs sacrifices, leur résistance aux sévices physiques et psychologiques dus à leur engagement religieux… S’exiler au nom de leur foi… S’allier politiquement et spirituellement avec le Messager…

En collaborant côte à côte avec les hommes de la nouvelle communauté, ces femmes vont donc prendre la parole, revendiquer leurs droits, participer à toutes les actions politiques entreprises à l’époque, s’investir matériellement, physiquement et moralement pour la cause de l’islam… Il s’agit bien là d’une révolution féminine en plein désert d’Arabie où la révélation coranique et l’enseignement du prophète de l’islam interpellait hommes et femmes à rivaliser dans la piété et le bien de tous… 

Les femmes vont donc massivement prendre leur place au sein de la mosquée avec les hommes, afin de s’instruire, de débattre et de s’associer aux décisions prises par la communauté… Des siècles après, nos mosquées sont devenus des espaces fermés, réservés aux hommes alors que les femmes sont reléguées dans des espaces exigus, coupées du reste de la communauté, par des murs et des rideaux opaques… Condamnées à s’exiler cette fois dans les arrières fonds des centres du savoir et du pouvoir, nos femmes musulmanes d’aujourd’hui vont se résigner, se soumettre et pire, transmettre leur « renonciation » et leur « ignorance » à leurs descendants…

Un recensement historique a révélé qu’à la mort du prophète il y avait une élite savante et érudite constituée de 8 000 personnes dont 1 000 femmes. L’émancipation véhiculée par l’islam en un quart de siècle a fait qu’une personne sur huit de l’élite savante était une femme. Ce constat est à lui seul édifiant. 
Comment les premières femmes musulmanes ont-elles pu accéder à ces espaces de liberté, de savoir et de pouvoir il y a quatorze siècles au nom de l’islam alors qu’aujourd’hui, on leur interdit l’accès à ces mêmes espaces au nom de ce même islam ? !

Que s’est-il passé, entre temps, pour que l’on puisse, au nom même de l’islam, permettre ce que le texte sacré et la tradition du prophète ont réprouvé et des fois même proscrit ?

Comment peut-on approuvé que des coutumes patriarcales se substituent au texte sacré jusqu’à faire croire que le Coran est lui-même un texte fondamentalement patriarcal ! Or il n’y a rien de plus faux que cette assertion puisque depuis le début de la révélation, l’islam a, bien au contraire, lutté contre les traditions et les coutumes patriarcales fortement ancrées dans cette région d’Arabie.

On peut même affirmer que le Coran est un texte anti-patriarcal puisque dans de nombreux versets il y a une critique et même un refus catégorique des principales formes de culture patriarcale.
En effet, le Coran refuse radicalement l’un des fondements de base du patriarcat à savoir celui de « Dieu le Père – mâle » qui perpétue une réelle continuité entre le Père – Dieu et le père mâle et dont le pouvoir va s’étendre à celui du mari qui par droit divin va exercer son pouvoir sur l’épouse . Ce concept de Dieu le père, est d’ailleurs antinomique avec le concept de l’unicité de l’islam.

Le Coran condamne aussi la sacralisation des prophètes comme ‘pères’ de leurs communautés et critique durement et dans plusieurs versets ceux qui suivent aveuglément le chemin de leurs pères : « Et lorsqu’on leur dit : ‘ conformez vous à ce que Dieu a révélé’ ; ils rétorquent : ‘Non, nous devons plutôt nous conformer à que nous ont légué nos pères’, et quoi les suivraient-ils même si ils étaient dans l’erreur ? » Coran 2 ; 170 .

Le Coran a donc bel et bien fustigé ce pouvoir patriarcal représenté par l’autorité du mâle et l’on ne peut accepter, qu’au nom même de ce que l’islam dénonce, on puisse avaliser des coutumes patriarcales discriminatoires.
Il est donc consternant de voir que l’élan de libération amorcé par la dernière religion révélée a été brisé en cours de chemin. Le discours sur la femme, tel qu’il fût formulé par le Coran et la Sunna, il y a plus de 1 400 ans, était résolument plus émancipateur, nettement différent voire des fois même opposé à celui que l’on nous propose aujourd’hui.

Alors que le Coran transmettait un message égalitaire avec des droits et des responsabilités, qu’il parlait des femmes dans un but de revalorisation évident, qu’il répondait à leurs requêtes… qu’il dialoguait avec elles… qu’il était question de participation politique, de Bayâa, d’exil politique, de participation sociale, de revendications de droits, de liberté d’expression… Aujourd’hui, l’essentiel du discours sur la femme dans la rhétorique islamique se focalise autour de concepts moralisateurs abstraits et surtout très infantilisants !

La femme est Fitna – tentation, la femme est Awrah – illicite au regard, on polémique sur son retour obligatoire au foyer et on insiste de manière réellement démesurée sur son comportement vestimentaire et sur son corps…
La majorité du discours islamique actuel sur la femme se résume à son corps, à la manière la plus appropriée pour le couvrir, à ce qui est licite ou illicite en matière d’habits, à l’interdiction de se parfumer, de parler à haute voix, de rire ? ! Est-ce donc, à cela, que se résume l’essentiel du message de l’islam pour une femme ? Où est donc passé l’esprit libérateur du Coran et toutes les initiatives qui ont été proposées par le texte pour initier un véritable statut d’autonomie aux femmes ?

Il est vrai qu’il y a dans l’islam, comme dans toutes les religions monothéistes d’ailleurs, une éthique du comportement et des valeurs fondamentales de décence par rapport au corps, à suivre et à respecter. Mais on oublie trop souvent que les hommes sont tout autant concernés que les femmes par cette « décence » physique… Et puis, on ne peut réduire l’essentiel du message spirituel à un code vestimentaire, comme la question récurrente du voile et à des discours perpétuels sur les dangers de la tentation féminine et sur des thèmes focalisés à outrance sur le corps de la femme…Le voile est devenu une priorité voire la priorité absolue pour toute femme musulmane qui se respecte et des musulmanes en se voilant vont réduire l’essentiel de leurs revendications à cette symbolique qui à force d’être rabâchée va perdre de sa crédibilité et se transformer en un étendard vide de sens et ô combien dérisoire devant d’autres revendications prioritaires ! 

Au- delà de la « recommandation » coranique du voile (le Coran parle de Khimar) qui ne peut être ni imposée ni interdite puisque cela répondrait à la même logique totalitaire, c’est à la femme et à elle seule de choisir d’en définir le sens et à personne d’autre ! Ce voile prétendu  symbole de l’oppression des femmes chez certains,   est devenu à force de tapage médiatique et à travers une construction idéologique entretenue, le symbole  d’un véritable repoussoir, qui génère, aussi bien en occident qu’en terre d’islam, de véritables réactions passionnelles ! 

Finalement, c’est le même type de discours que l’on retrouve de part et d’autre, d’une part celui qui veut libérer les femmes de cet islam qui les opprime et qui les « couvrent » un peu trop et   qui reste obsédé, d’une autre manière, par le corps de la femme qu’il veut dans ce cas « dé-couvrir » .Alors que d’autre part, il y a celui qui focalise l’essentiel du message spirituel autour d’un corps de la femme qu’il faudrait « sur-couvrir » car il représenterait à lui seul la VISIBILITE de l’islam en tant qu’identité à préserver   et  le voile  résumerait à lui seul toute la morale de l’islam…
Dans les deux cas, et à quelques différences près, on est devant une idéologie sexiste qui fait fi de l’intelligence de la femme, qui fait l’impasse sur sa dignité d’être humain et sur sa capacité personnelle à faire ses propres choix au nom de ses convictions.

L’esprit de cette dynamique de libération entreprise par la révélation a donc été contourné et l'impulsion qu’a connu la question de la femme musulmane a été petit à petit minimisée au détriment d’une juridiction qui s’est acharnée à verrouiller toutes les issues laissées ouvertes, aussi bien par les orientations coraniques que par la tradition du prophète.

La philosophie du « gradualisme » prôné par le Coran qui, entre autres, visait une libération et une émancipation progressives, a été ignoré ce qui a favorisé la régression du statut de la femme.
La révolution féminine fut donc rapidement avortée et les coutumes patriarcales discriminatoires ont vite fait de reprendre le dessus et d’orienter le discours religieux vers une restriction des libertés acquises, au nom d’une morale religieuse vidée de sa quintessence.

La décadence du monde musulman s’accompagnera inévitablement d’une décadence encore plus marquée du statut de la femme du fait de deux grandes tragédies, d’abord celles des multiples conflits politiques inhérents au pouvoir autocratique et la persistance de l’esclavage. Alors que le Coran énonce à plusieurs reprises des dispositions pour l’abolition progressive de l’esclavage en déclarant tout acte de libération comme un acte méritoire, les musulmans vont, durant des siècles, faire perdurer cette pratique, qui concernant les femmes,  va contribuer à institutionnaliser  leur claustration dans les harems.  

Et durant des siècles, alors qu’on fermera la porte de l’Ijtihad  – outil indispensable pour l’évolution de la pensée islamique – on ouvrira celle des « spéculations juridiques » à l’instar de « Sad Addarai », véritable dispositif juridique de dissuasion qui a largement contribué a institutionnalisé la culture officielle de subordination des femmes. Conçu comme un véritable « code préventif » autrement dit un « code de la peur », son contenu sera, du moins en ce qui concerne le statut de la femme, fortement répressif. Même si il est certain que certains savants ont élaboré ce genre de « code » dans le souci de préserver leurs sociétés respectives d’éventuelles dépravations des mœurs. Il n’en reste pas moins qu’il y a eu de véritables dépassements et des lois très contraignantes concernant les acquis islamiques en matière de droit et de liberté pour les femmes. 

C’est ainsi que l’on verra de nombreuses lois interdirent au nom de « Sad Addarai », des droits des plus élémentaires en islam. Comme le droit à l’éducation et au savoir qui sera pendant longtemps dénié aux femmes au nom de la prévention des mœurs sociales et des règles morales ! Or, quand on dénie aux femmes le droit au savoir on leur dénie le droit de justice et dans les deux cas on est en flagrante contradiction avec les principes de base de l’islam.

Elaborer ce genre de lois juridiques qui prône des interdits à tout bout de champ afin de se prémunir contre les risques toujours probables d’une dépravation des mœurs est la preuve que notre pensée est une pensée mortellement « assiégée » ! C’est, en plus d’être une solution de facilité, une démarche qui témoigne de la démission intellectuelle de notre système de pensée islamique incapable de faire face aux véritables problèmes de nos sociétés . Or, il ne s’agit pas d’interdire par anticipation mais plutôt d’éduquer afin d’éveiller la quête du sens et de la conscience, seules à même de nous prémunir contre toute amoralité et contre toute débauche… Il s’agit d’élaborer une véritable éthique de la gestion des libertés à partir d’une éducation spirituelle appropriée qui tienne compte des réalités subtiles de chaque contexte…

Ceux, parmi les savants, qui ont utilisé de façon rigoureuse, ce concept « préventif » de « Sad Addarai », ont sûrement tenté, de bonne foi, de façonner ainsi la communauté islamique afin d’atteindre une supposée « cité islamique idéale » Or, ceci est de l’ordre de l’utopie car même du temps du prophète il n’y avait pas de communauté islamique idéale ! !

Ceci est d’ailleurs de l’ordre de l’impossible à l’échelle de la réalité humaine… Dieu a voulu que la diversité humaine soit un principe de base dans cette vie et même une véritable épreuve… Il a voulu que la société humaine soit une société où le bon côtoie le mauvais, où le bien se confronte au mal, où les bommes œuvres rivalisent avec les mauvaises ou les moins bonnes… Notre vie sur terre n’est pas celle des anges qui eux sont des êtres parfaits évoluant dans un monde de perfection… Notre vie est celle de toutes les expériences humaines… faites de contraintes et de réussite, d’échecs et de tourmentes, de drames et de joies, de bonheur et de détresse, pour tester notre endurance, notre résistance, notre foi et notre soumission…
Comment peut-on gérer cette réalité avec des doctrines immobiles et figées à mille lieux de nos préoccupations quotidiennes ?…

Comment justement faire face à la complexité de nos réalités sociales quand on reste emprisonné dans des juridictions qui en plus d’avoir été légiférées dans des contextes radicalement différents, sont parfois en profonde contradiction avec les principes vecteurs du message coranique ? !

Comment faire revivre alors cet élan de libération prôné par l’islam de la révélation mais étouffé dans les confins d’une histoire islamique qui se maintient dans un silence effroyable ?

Comment faire revivre cet élan dans le cœur des musulmans mais surtout des musulmanes qui en tant que femmes sont les premières concernées par ce déni de justice ?

Comment pourrait-on convaincre ceux ou celles qui semblent résister à toute cette dynamique de réformisme par crainte de se perdrent eux-mêmes… ?

Comment leur expliquer que l’on ne peut justement rester fidèles à l’islam, sans renouveau, sans conscience critique, sans réflexion profonde, sans débat constructif ?…
Asma Lamrabet
http://www.asma-lamrabet.com/html/default.htm

jueves, 12 de enero de 2012

Les femmes veulent déffendre leurs acquis

Tunisie : « Les femmes veulent défendre leurs acquis »






La Tunisie est en ébullition. Il y a un an, le président Ben Ali quittait le pouvoir, et les premières élections libres se sont déroulées il y a quelques mois. Plus que jamais, les Tunisiennes se sont battues pour leurs droits et sont bien décidées à poursuivre leur combat. Très active pendant la « révolution de jasmin », l’Association des femmes tunisiennes démocrates vient de recevoir le prix Simone-de-Beauvoir pour la liberté des femmes. A cette occasion, nous avons rencontré Ahlem Belhadj, présidente de l’association, et Saida Rached, secrétaire générale.

ELLE.fr : Avec le départ de Ben Ali, le début de la révolution et les élections, quel regard portez-vous sur l’année qui vient de s’écouler ?

Ahlem Belhadj : 2011 a été une année magnifique. Nous avons été débarrassés de Ben Ali, de la dictature…. Nous avons l’espoir de pouvoir bâtir une société égalitaire, un état démocratique. C’est ce que nous voulons, au sein de l’Association des femmes tunisiennes démocrates. Nous avons toujours tout fait pour articuler la lutte pour l’égalité entre hommes et femmes et la justice sociale.

Saida Rached : Les Tunisiens ont enfin eu leur mot à dire en tant que citoyens et citoyennes. Durant la révolution, il y a eu une très forte participation des femmes, qui ont donc pu faire l’expérience de la citoyenneté égalitaire. La chute de la dictature est pour nous un événement très important. Notre association a été partie prenante de la révolution, en étant présente dans toutes les commissions, comme la Haute Instance, qui a imposé la parité dans les listes électorales, ou l’observatoire des élections.

ELLE.fr : Justement, les femmes ont eu une vraie place lors dernières élections…

Ahlem Belhadj : Les élections ont été l’occasion d’une grande avancée, puisque la parité au sein des listes électorales a été adoptée (le 11 avril 2011, ndlr). Certes, seulement 7% des femmes se présentant ont été têtes de liste, mais leur présence était quand même forte. Après, nous avons été confrontées à un problème : les mentalités n’ont pas toujours accepté cette participation. Parmi les membres de notre association, certaines étaient présentes sur des listes et comme elles portaient le projet d’une société égalitaire, elles ont davantage été exposées à des campagnes diffamatoires.

Saida Rached : Tout le monde n’était pas forcément préparé à la parité, mais cette exigence a véritablement mis la société civile devant un nouveau défi, une nouvelle façon de considérer la politique. Les femmes ont été sur le devant de la scène.

ELLE.fr : Qu’est-ce que la révolution a changé pour votre association ?

Saida Rached : Nous pouvons davantage aller vers les femmes même si le terrain est plutôt difficile. Au temps de la dictature, il y avait un féminisme d’Etat, qui consistait à mettre en vitrine le code du statut personnel des femmes pour montrer à quel point le pays était en avance et accordait une vraie place aux Tunisiennes. Mais l’Etat n’allait pas au fond des choses. Notre association subissait également des pressions, était interdite dans les médias… Puisque nous ne faisions pas partie de la mouvance du « féminisme d’Etat », nous étions d’emblée dans l’opposition.

Par Sophie de Chivré - Le 12/01/2012

Source : http://www.elle.fr/Societe/Les-enquetes/Tunisie-Les-femmes-veulent-defendre-leurs-acquis-1869282

miércoles, 11 de enero de 2012

Lebanon to protest rape law



The march, according to Nasawiya, will be to demand the following:
  • We, the women who reside in Lebanon, excuse ourselves from playing the decorative role that has been imposed on us. 
  • We take to the streets today to say that we are aware and knowledgeable about the methodical war that state and society have waged on our bodies and our safety through their political parties and leaders. 
  • From now on, we will not accept empty promises that are heaped upon us every time we call for our rights.
  • We will not give in to patience. We will not bite our wounds and postpone the battles of today to tomorrow. 
  • Our voices will be louder than the bickering between your parties and your sporadic yet connected wars.
Nasawiya believes:
  1. Sexism --  a devastating result of the feudal/patriarchal culture that we live in -- is a major social problem that we should work to eradicate, especially since it is deeply related to other social problems, such as classism, heterosexism, capitalism, racism, sectarianism, etc. Therefore, we must fight all forms of violence, discrimination, and exploitation that are based on gender, sexuality, able-bodiedness, ethnicity, race, religion, class, etc.
  2. As women, we have the right to a positive self-image and an emotionally, mentally, and physically healthy life.
  3. As women, we have the right to our bodies and our sexualities. In other words, women should be free to express their sexuality, free to make a choice about engaging or not engaging in sexual acts and/or relationships, free to choose whether they want to marry or not, whether they want to undergo an abortion or not. Women must also have easier access to helpful and non-judgmental sexual health services, as well as sexual education.
  4. We must work to eliminate all forms of harassment, and all forms of gender-based violence, verbal, physical, and sexual, wherever they happen.
  5. All women should have equal rights of employment, and equal treatment and pay in the workplace.
  6. Women should be encouraged to enter the fields of study and work that are currently dominated by men, such as sciences, sports, etc.
  7. Domestic migrant workers are employees and should have all the rights of employment, starting with respect and equality.
  8. We have a responsibility to be smart consumers since what we buy and where we buy from are political as well as personal choices that affect us all.
  9. We should encourage women to start women-friendly, workers-friendly and environmentally friendly small businesses. Women must play an active role in the political process, and lead the way in political reform.
  10. Women must have all their citizenship rights.
  11. Women must assume more leadership roles, in the private and public spheres, to reflect their central role in their communities.
  12. We have to promote feminist art, women-friendly media, and women’s studies courses and institutes.
  13. We should respect our natural environment, as exploitation of nature is parallel to the exploitation of women.
  14. We should support other feminists in the Arab world, the global south and the rest of the world, who are working towards a similar vision of a better world.
If you are in Lebanon, do join the march on January 14, spread the word and support in any way you can.


http://michcafe.blogspot.com/2012/01/lebanon-to-protest-rape-law.html
http://www.nasawiya.org/web/

sábado, 7 de enero de 2012

Egipto teme avance de “policía religiosa”





 Los primeros resultados de las elecciones parlamentarias de Egipto apuntan una mayoría islamista que genera grandes expectativas entre un reducido grupo de personas muy religiosas.

En algunas partes del país, los devotos intolerantes ya han amenazado a peluquerías, mujeres vestidas “indecentemente” y dueños de tiendas. Ahora, proponen fundar una “policía religiosa” siguiendo el modelo saudita.

La industria del turismo, de gran peso a nivel nacional, ya vivió un duro golpe el año pasado durante las revueltas que culminaron con la dimisión del ex presidente Hosni Mubarak. Ahora teme que el avance de la propuesta islamista pueda volver a tener impacto en el sector.

En Riad, cuando el muecín se hace oír por encima de los tejados, las tiendas de la capital cierran rápidamente sus puertas. Los barbudos de la “autoridad para el fomento de la virtud y la prevención del vicio” ordenan que los comerciantes y vendedores vayan a cumplir con sus rezos. A las mujeres que llevan la cabeza cubierta con un pañuelo no muy bien colocado, les dicen: “¡Cúbrete bien, mujer!”.


En Egipto, hasta ahora las cosas habían sido muy distintas. Pero en estas últimas semanas, hubo testigos y medios que hablaron de una campaña de religiosos fanáticos.

En El Cairo, un hombre barbudo le dio una cachetada a una mujer en la calle porque llevaba jeans. Algunos peluqueros fueron “visitados” por islamistas que les querían prohibir afeitar a los hombres. En Alejandría, algunos comerciantes que vendían árboles de plástico de Navidad fueron amenazados.

En la provincia de Al Kaljubija, a las peluquerías acudieron jóvenes que les explicaron a las mujeres que trabajaban en esos locales que su labor era “un pecado para el Islam”. Las mujeres no se dejaron intimidar e incluso golpearon a los visitantes

EL CAIRO/ESTAMBUL (DPA).— .Jueves 05 de enero de 2012
El Universalhttp://www.eluniversal.com.mx/internacional/75974.html

viernes, 30 de diciembre de 2011

جمعية النساء التونسيات للبحث حول التنمية تقدم نتائج دراسة حول " المرأة والشغل غير المهيكل"

السبت 24 كانون الأول (ديسمبر) 2011
المصدر: وكالة إفريقيا للأنباء
أكدت السيدة نائلة جراد خلال لقاء انعقد في مدينة العلوم بتونس يوم الجمعة أن دعم القدرات الاقتصادية للنساء، وتعريفهن ومقاومة كل أشكال العنف، وخاصة العنف الاقتصادي المسلط على المرأة، كانت ابرز أهداف مشروع "الهشاشة الاقتصادية ودعم حقوق المرأة" الذي أطلقه فضاء "التناصف" التابع لجمعية النساء التونسيات للبحث حول التنمية بالنسبة للفترة 2009-2011 بتمويل من التعاون الاسباني.
وأوضحت نائلة جراد التي تتولى الإشراف على هذا المشروع أن انجاز دراسة حول "النساء والعمل غير المهيكل" تشكل احد المحاور الأساسية لهذا المشروع .
ولاحظ منصف الزغيدي المختص في علم الاجتماع، لدى تطرقه إلى دور العمل غير المهيكل في الاقتصاد التونسي، أن هذه الظاهرة هي عالمية وتمثل بين 10 و50 بالمائة من الناتج الداخلي الخام و من العمل غير الفلاحي في الدول غير المصنعة، مبينا أن هذا القطاع يقتصر وجوده في تونس على المناطق الحضرية وضواحيها ويضم أساسا العنصر النسائي.
وأفاد عبد الرحمان بن زاكور الباحث المسؤول عن هذه الدراسة، خلال تقديم ما توصلت إليه من نتائج، أنها أنجزت على عينة تتكون من 229 امرأة من أريانة ومنوبة وبن عروس.
وأبرز أن القطاع غير المهيكل في تونس يغطي 5 قطاعات رئيسية هي المؤسسات الصغرى، والباعة المتجولون، والتجارة الحدودية، والإنتاج المنزلي، والتكنولوجيات الحديثة في الإعلام والاتصال.
وقال أن الدراسة بينت أن الهشاشة تمس 84 بالمائة من النساء المستجوبات سواء كن أجيرات أو متصرفات في مشاريعهن الخاصة.
وكشف الباحث في هذا السياق على أربع مؤشرات لهشاشة العمل وهي غياب المؤهلات وعقود العمل وضعف نسبة التغطية الاجتماعية و الاقدمية في العمل.
وأشارت الدراسة كذلك إلى أن 4 بالمائة فقط من النساء صاحبات المشاريع يكسبن دخلا محترما يعادل او يفوق 600 دينار شهريا.
وأشار المتحدث إلى أن 60 بالمائة من النساء المستجوبات يتطلعن إلى توسيع أنشطتهن، مشيرا إلى أن عدم التوصل إلى تحقيق هذه التطلعات قد يكون مرتبطا بنقص في الوسائل المادية وفي المعارف التقنية بالإضافة إلى غياب هياكل التأطير.
وتقدم بن زاكور بتوصيات قد تشكل، بحسبه، مقترحات عملية لجمعية النساء التونسيات للبحث حول التنمية. ومن ابرز هذه المقترحات تنظيم عيادات طبية منتظمة ومجانية أو بأسعار رمزية في الأحياء الفقيرة، و تنظيم المساعدة في الحصول على الأدوية الضرورية وعلى الدعم المدرسي لفائدة الأطفال الذين يعانون من مشاكل في التعلم.
ومن ضمن هذه المقترحات أيضا تقريب الخدمات المالية من النساء في القطاع غير المهيكل اللاتي تتولين الإشراف على مشاريع صغرى، والتدخل لدى السلطات العمومية للفت انتباهها إلى معالجة مسالة السكن في المناطق المعوزة والتفكير في إحداث مراكز للمعوقين في هذه الأحياء.

المصدر: http://nissa.aljil-aljadid.info/spip.php?article153

TANT QU'IL Y AURA DES FEMMES- Entrevue avec l'écrivaine libanaise Joumana Haddad


Joumana Haddad veut exhorter ses sœurs à se "bouger" à travers son livre. © REUTERS

L’intellectuelle et poétesse libanaise Joumana Haddad publie "J’ai tué Schéhérazade". Un essai dans lequel elle s’attaque à l’image négative et exotique des femmes arabes.

« Nous n’avons pas l’habitude de lire dans le monde arabe une poésie aussi nue que celle de Joumana Haddad », écrivait déjà sur elle Tahar Ben Jelloun. En effet, la question de la nudité, du corps et du plaisir n’est jamais très loin lorsqu’on parle de cette intellectuelle libanaise. Poétesse, elle évoque le désir féminin sans détour. Journaliste, elle a créé en 2008 la première revue érotique du monde arabe, Jasad.

Avec J’ai tué Schéhérazade, l’écrivaine se met encore plus à nu… Cet essai résonne comme un « J’accuse » au féminin et féministe. Elle n’aime pas ce terme et, très critique à l’égard du courant féministe en général, n’en revendique pas le contenu. « Mon prochain essai concerne d’ailleurs les hommes », glisse-t-elle. Il n’empêche, vouloir tuer Schéhérazade parce qu’elle est un « complot contre les femmes arabes en particulier et les femmes en général » n’est pas anodin.

"Bougez-vous !"

Tuer Schéhérazade, pour Joumana Haddad, c’est vouloir en finir avec l’exotisme orientaliste et les clichés. « Fuyons les catégories, explique-t-elle. J’aimerais que l’on retienne de ce livre qu’il n’existe pas une femme arabe, comme il n’existe pas une femme française ou italienne. C’est aussi un cri d’exhortation à mes sœurs : “Bougez-vous !” » On pourra bien sûr lui objecter qu’il n’est pas toujours facile de se libérer des traditions, des carcans familiaux et sociaux. Joumana Haddad le reconnaît, ne nie pas les difficultés. Son propos est de dire qu’une autre femme arabe existe. Et qu’il faut compter avec elle.

« L’idée du livre est née quand j’ai lancé Jasad. Les journalistes étrangers étaient tellement étonnés que j’aie réussi à monter ce projet controversé et transgressif ! J’ai réalisé qu’une grande part de clichés concernant les femmes persistent et arrivent même à convaincre les Arabes, qui s’y conforment… La femme arabe existe-t-elle ? À en croire ce que je lis ou entends, ce serait une femme opprimée, voilée, victime. Moi qui suis une prétendue femme arabe, je ne me reconnais pas dans cette définition. J’ai donc voulu aller au-delà de cette image stéréotypée, même si, bien sûr, elle existe. » Dans son essai, elle résume : « Il est grand temps que nous, les femmes du monde arabe, lancions un défi aux schémas établis de la religion. Et de la politique. Et de la sexualité. Et de l’écriture. Et de la vie. »

Polyglotte sans attache

Elle qui se réclame de Lilith, « la première femme indépendante », n’est pas tendre avec sa région natale. « J’ai des yeux, des oreilles et un cerveau. Dans ce cas, difficile d’être tendre avec le monde arabe. Les choses vont très mal, je le constate. » Dans son livre, elle relève qu’être arabe aujourd’hui c’est « maîtriser l’art de la schizophrénie », « suivre le groupe » et « faire face à une série illimitée d’impasses ». Elle évoque longuement l’instrumentalisation de la religion, pas seulement musulmane.

« Les méfaits du christianisme sont moins évidents, plus hypocrites. J’ai passé quatorze ans dans une école de bonnes sœurs. Leur credo : “Exécute puis proteste.” C’est une phrase atroce ! C’est ce que font les kamikazes… Avant de publier le livre, mon mari m’a demandé d’enlever le chapitre sur la religion. Pas question. Je m’attends à des attaques à mon retour au Liban, où l’on peut trouver le livre en français depuis peu. En matière d’attaques, je suis très équipée : après la création de Jasad, j’ai eu droit à tout… »

Joumana Haddad accompagne en ce moment son livre en Europe (il sort simultanément en France, en Grande-Bretagne et en Allemagne, puis l’année prochaine en Espagne, en Italie, au Brésil et aux Pays-Bas). Polyglotte (elle parle sept langues), née à Beyrouth en 1970, elle écrit aussi bien en arabe qu’en italien, en anglais ou en français.

« C’est l’unique avantage d’avoir été élevée chez les bonnes sœurs : j’ai reçu une excellente éducation. J’ai appris l’anglais et le français à l’école, l’arménien par ma grand-mère, et l’italien parce que j’ai été éblouie à 16 ans par un poème de Cesare Pavese. Pour chaque livre, c’est l’idée qui m’impose la langue. Je m’abandonne… », s’amuse celle qui dit ne pas avoir d’attache géographique. « Je ne me sens pas libanaise, cette idée d’appartenance et de patriotisme m’exaspère. J’appartiens aux gens que j’aime et aux situations que je vis. Mes racines sont affectives, intellectuelles, et j’en découvre chaque jour de nouvelles. C’est un hasard d’être née libanaise et chrétienne. Mon mode de vie est nomade. Je n’ai qu’une seule ancre, et elle est tatouée sur ma cheville. »

Griffée au visage

Joumana Haddad est aussi journaliste littéraire (elle dirige les pages littéraires du quotidien An-Nahar) et coordonne l’International Prize for Arabic Fiction (le Booker Prize arabe) mais se présente d’abord comme poétesse, avec cinq recueils déjà publiés et traduits. « À 12 ans, on a lu en classe le poème Liberté d’Éluard. Ça m’a griffée au visage, ça a été comme un tremblement de terre. Quand je suis rentrée à la maison, j’ai écrit mon premier poème : Ma liberté.

La poésie m’avait trouvée. J’ai gardé la feuille avec ma calligraphie d’enfant… J’ai d’abord écrit de la poésie en français, car je voulais éviter la confrontation avec la langue arabe. Puis je me suis dit qu’il fallait livrer cette bataille. J’insiste toujours pour vivre ma vie avec ma chair nue, sans protection. L’écriture est une mise à nu totale. Quand j’écris, je me creuse à l’intérieur pour m’éplucher, me débarrasser de tous mes voiles… »

SOURCE : Jeuneafrique.com : Tant qu'il y aura des femmes Jeuneafrique.com - le premier site d'information et d'actualité sur l'Afrique
En 1923, Hoda Charaoui enlève son voile

Figure du féminisme en Égypte, Hoda Charaoui militait pour l’indépendance de son pays et pour les droits des femmes.
Une autre féministe, Doria Chafic, obtiendra du roi Farouk le droit de vote pour les femmes en 1951.

En Égypte, au début du XXe siècle, les dames appartenant à l’aristocratie et à la bourgeoisie n’ont aucun rôle politique ou social. Après son mariage (conclu entre les deux familles), la jeune femme doit s’occuper de son foyer, de ses enfants, obéir aux diktats de son mari, et sortir voilée pour se rendre en visite. La musulmane Hoda Charaoui, dont le nom en Égypte est synonyme de révolte, refuse alors ce statut de figurante.

Née en 1879 à Minièh (Moyenne-Égypte) dans une famille riche, elle reçoit une excellente éducation, et s’exprime parfaitement en français, la langue de l’élite. Très jeune, elle épouse Charaoui Pacha, un homme politique d’esprit ouvert. Membre du parti Al-Wafd, laïque et libéral, celui-ci consent à l’associer dans la lutte contre la tutelle britannique. Elle ne séparera jamais la cause des femmes de son combat patriotique.

Une lutte à visage découvert
En 1922, la pionnière fonde un mouvement féministe qui connaîtra un grand essor, puis une revue mensuelle, L’Égyptienne . Sa meilleure amie, Céza Nabaraoui, en devient la rédactrice en chef. La même année, elles se rendent à Rome pour assister à un Congrès international féminin. Peu avant d’arriver à Naples, Hoda décide d’ôter son voile, et Céza l’imite. Elles participeront au Congrès le visage nu.

Sur le chemin du retour, en 1923, au large d’Alexandrie, Hoda Charaoui remet son voile. Soudain, elle l’enlève d’un geste brusque. Elle ne trichera pas, et poursuivra sa lutte à visage découvert. Céza Nabaraoui suit son exemple. Au bas de la passerelle, c’est la stupéfaction. Cet acte spectaculaire vaut à Hoda Charaoui une renommée internationale.

Dora Chafic mise en prison par Nasser
En 1947, à l’heure où elle s’éteint à l’âge de 68 ans, la lutte féminine a déjà une nouvelle championne : Doria Chafic. Auteur d’une thèse présentée à la Sorbonne sur La Femme dans l’islam , celle-ci dirige un hebdomadaire de langue arabe qui lutte pour la libération féminine.

Doria Chafic fonde un mouvement politique, Bint El Nil, soit « La Fille du Nil », qui comptera très vite de nombreux membres. En 1951, elle organise une manifestation de 1 500 femmes devant le Parlement, puis pénètre dans l’hémicycle et demande aux députés d’accorder aux femmes leurs droits. Le roi Farouk consent.

La semaine suivante, l’Assemblée confère aux femmes le droit de voter et d’être élues. Arrivé au pouvoir en 1956, Gamal Abdel Nasser instaure le parti unique et met Dora Chafic en prison – elle se suicidera en 1975.

En janvier dernier, de nombreuses femmes ont largement participé à la révolution populaire sur la place Tahrir du Caire.

DENISE AMMOUN, au Caire

Source: La-Croix.com