domingo, 30 de noviembre de 2014

La longue marche de la femme tunisienne vers l'émancipation





Depuis 1956, la Tunisie est le pays arabe accordant le plus de droits aux femmes. La place de la femme tunisienne fait figure d’exception dans le monde arabo-musulman.

(Par Nesrine Chihi) - La Révolution du Jasmin, à laquelle les femmes tunisiennes ont participé activement aux côtés des hommes, a mis fin à la dictature de Ben Ali et leur a permis d’accéder à certaines libertés fondamentales telles que la liberté d’expression, la liberté de la presse, la liberté d’association, etc. Et effectivement, elles ont depuis pu manifester dans les rues de Tunis pour témoigner de leur mécontentement, sans en être inquiétées outre mesure.

Aujourd'hui, la femme tunisienne dispose du statut le plus avancé du monde arabe. Elle le doit certes à un grand homme d’Etat, Habib Bourguiba, mais aussi à tous ces hommes et ces femmes connus ou anonymes qui y ont contribué par leurs écrits ou leur engagement politique.

Egalité hommes-femmes. - Le sujet était lui-aussi sensible et, à l'ouverture des débats, les ONG de défense des droits de l'homme avaient appelé dans un communiqué à «énoncer le principe d'égalité entre les hommes et les femmes dans toutes ses dimensions» dans la nouvelle Loi Fondamentale tunisienne. Le parti Ennahda avait fait scandale durant l'été 2012 en annonçant vouloir y introduire le concept de «complémentarité» homme-femme.
Mais là encore, la logique de compromis est intervenue entre les partis, permettant une première dans le monde arabe. Les députés ont en effet approuvé l'égalité «sans discrimination» des «citoyens et citoyennes».

«Tous les citoyens et les citoyennes ont les mêmes droits et les mêmes devoirs. Ils sont égaux devant la loi sans discrimination aucune», dispose ainsi l'article 20 du projet de Constitution adopté par 159 voix sur 169 votants.

Les droits de la femme. - Cette Loi Fondamentale est, dans le monde arabe et musulman, la constitution qui offre le plus de garanties pour les droits des femmes. Ainsi, dans son article 34, la Constitution oblige l'Etat à garantir la représentativité des femmes dans les assemblées élues. L'article 40 affirme que «tout citoyen et toute citoyenne ont le droit au travail dans des conditions décentes et à salaire équitable». L'article 46, consacré plus particulièrement aux droits des femmes, inscrit dans la Constitution, la protection des acquis de la femme, le principe de parité et la lutte contre les violences faites aux femmes.

«Ma candidature a été un message fort pour ceux qui veulent nous tirer en arrière, mais aussi pour les partis de gauche et de droite, qui sont tous machistes. C’était également un message pour le monde, qui démontre que la révolution n’a pas seulement apporté la liberté d’expression, mais qu’elle a permis aux femmes de s’ouvrir à la politique», a déclare Kalthoum Kannou, la première femme du monde arabe à être candidate à la présidence de la République. Une pionnière qui s’est toujours battue pour l’indépendance de la justice.

Kalthoum Kannou est une femme volontaire et de principes. Sa carrière de juge a été marquée par un combat qui lui a valu le harcèlement de l’ancien régime et des exils intérieurs. Elle est la seule femme dont la candidature a été validée par Instance Supérieure Indépendante pour les Élections (ISIE).

Militante pour les Droits de l’Homme, l’avocate Radhia Nasraoui a fondé l’Association de Lutte contre la Torture en Tunisie. Pour son action militante, pendant des années, elle et ses trois filles ont fait l’objet d’intenses pressions, d’intimidations et de violences physiques de la part du régime Benaliste.

Ces femmes sont les figures de proue de cette lutte pour un statut digne de la femme en Tunisie - et elles sont suivies par de nombreuses femmes connues et inconnues.

Le voile. - Un autre aspect de cette liberté nouvelle dont jouissent les femmes tunisiennes, réside dans le port du voile. Au temps de Bourguiba et de Ben Ali, celles qui portaient le voile s'attiraient des ennuis, d'ailleurs le premier avait qualifié le voile de femmes de «misérable chiffon».

Fatma Ben Guefrache a remporté ce samedi 22 novembre 2014, le concours de «Miss Monde Muslimah» qui se déroulait en Indonésie. Une Tunisienne remporte Miss Monde Muslimah ! La jeune informaticienne de 25 ans aurait été choisie pour sa beauté mais aussi pour sa capacité à réciter les versets du Coran et sa vision du monde musulman.

Profitant de cette liberté certaines tunisiennes, de plus en plus nombreuses, se sont mises à porter le voile dans un souci d’être davantage en accord avec leurs croyances religieuses.

Depuis 55 ans, les femmes militent pour toujours plus de liberté : elles sont descendues dans la rue, aux côtés des hommes, pour chasser Ben Ali du pouvoir. Aujourd’hui, le combat continue pour préserver les droits acquis sous le régime de l’ancien dictateur qui a fait de la Tunisie une exception dans le monde arabe pour ce qui est du statut de la femme.

«L'avenir de l'homme, c'est la femme» - voila une citation qui pourrait s’appliquer à la situation actuelle en Tunisie.

Faisons confiance à ces femmes tunisiennes actives, investies, idéalistes mais réalistes qui se battent pour conserver et améliorer la condition de la femme. Pour autant, leur première lutte est celle de la démocratie, un long chemin dont il faut écrire la partition puisqu’il ne suffit pas de suivre à la lettre celui parcouru par les démocraties occidentales, mais y inclure la spécificité traditionnelle encore bien présente dans la société tunisienne. Mais en vue de l’évolution, tous les espoirs sont permis en Tunisie !

30 novembre 2014 |  Par Kai Littmann

http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/page/12/

viernes, 9 de mayo de 2014

Tunisie: La violence conjugale reste la première cause de décès des femmes âgées entre 16 et 44 ans (ministre de la Santé)


A l'occasion de la deuxième session de formation des formateurs sur le thème de la lutte contre la violence conjugale organisée vendredi 9 mai à Tunis, le ministre de la Santé, Mohamed Salah Ben Ammar, a déclaré que les derniers chiffres de l'Office national de la famille et de la population (ONFP) indiquent que la violence conjugale demeure la première cause d'agressions physiques et de décès des femmes âgées entre 16 et 44 ans. 

Le ministre a précisé que la violence qui touche toutes les catégories sociales, constitue une atteinte aux droits de l'homme et une violation des libertés fondamentales de la femme. 

Il a mis l'accent sur l'importance de la coopération entre toutes les parties concernées ainsi que sur la sensibilisation à l'ampleur de ce fléau social qui reste un sujet "douloureux et provocateur" malgré tous les acquis réalisés en Tunisie pour promouvoir la condition de la femme.

Le rapport de l'ONFP montre par ailleurs que 57% des femmes victime d'agressions conjugales acceptent cette violence.

De son côté, la secrétaire d'Etat de la femme et de la famille, Neila Chaâbane, a indiqué que les données sur la violence conjugale en Tunisie sont alarmantes, qualifiant la situation de "grave" et appelant à prendre les mesures nécessaires pour limiter ce phénomène et prendre en charge les femmes victimes de violence.

Elle a précisé que le secrétariat d'Etat se penche sur l'élaboration d'un projet de loi cadre relatif à la lutte contre la violence faite aux femmes. Elle a annoncé la création d'un centre d'accueil pour les femmes victimes de violence conjugale et ce en collaboration avec la Croix Rouge.

Chaabane a rappelé que l'article 46 de la Constitution Tunisienne stipule que "L'Etat s'engage à protéger les droits acquis de la femme et prend les mesures nécessaires afin d'éradiquer la violence contre la femme".

http://www.huffpostmaghreb.com/2014/05/09/tunisie-violence-conjugale_n_5295889.html