lunes, 13 de marzo de 2017

Critiques dont le mot « genre » sont de plus en plus préjudiciables à la protection des droits de l'homme, notamment des droits des femmes et des personnes LGBTI


Ces dernières années, des critiques de l’« idéologie du genre » et de la « théorie du genre », émanant aussi bien de milieux laïcs que religieux, remettent en cause la terminologie et les principes des droits de l'homme communément admis. Lors de mes visites dans les Etats membres, j’ai même rencontré des objections à l’emploi du terme « genre », notamment dans le cadre de la promotion de la ratification de la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (Convention d’Istanbul). Comment ceux qui travaillent dans le domaine des droits de l'homme peuvent-ils réagir à ces critiques ? 

Avant d’en venir aux critiques, il est utile de rappeler que, au fil des ans, le mot « genre » a pris différents sens en fonction du contexte. Dans le glossaire sur l’égalité entre les femmes et les hommes, publié récemment par la Commission pour l’égalité de genre du Conseil de l'Europe, figure une définition qui correspond à ce que l’on entend généralement par « genre » : alors que le « sexe » se réfère aux caractéristiques biologiques et physiologiques qui différencient les hommes des femmes, « le terme « genre » désigne les rôles, les comportements, les activités et les attributions socialement construits qu’une société donnée considère comme appropriés pour les femmes et les hommes ». Cette définition est aussi utilisée par le Comité pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes et d’autres mécanismes de l’ONU. C’est également le sens que prend le terme « genre » dans l’expression « stéréotypes de genre ».

 L’expression « égalité de genre » tend de plus en plus à remplacer « égalité entre les femmes et les hommes », que ce soit à l’ONU, au Conseil de l'Europe ou à l’Union européenne. L’égalité de genre suppose non seulement d’éliminer toutes les formes de discrimination fondée sur le sexe, mais aussi de réaliser l’égalité matérielle entre les femmes et les hommes, ou l’égalité de facto. C’est le sens que prend le terme « genre » dans des expressions comme « intégration d’une perspective de genre » ou « écart entre les genres ». 

Comme nous pouvons le constater, le mot « genre » dans ses différentes acceptions a été progressivement introduit dans les textes internationaux relatifs aux droits de l'homme et dans le discours politique. Quels maux les opposants à cette utilisation associent-ils au « genre », à la « théorie du genre » ou à l’« idéologie du genre » ? Pourquoi serait-il si dangereux d’œuvrer à la pleine réalisation de l’égalité de genre ? Qu’y aurait-il de si répréhensible à examiner le contexte social plus large dans lequel les hommes et les femmes interagissent ?

Il semble que l’une des principales objections soit liée à la peur de voir disparaître une société traditionnelle fondée sur une affirmation culturelle selon laquelle le genre est strictement et invariablement binaire, et les hommes et les femmes jouent (et devraient jouer) des rôles très différents dans la vie publique et au sein de la famille. Le premier problème tient au fait que certains défenseurs de cette vision de la société trouvent justifié de cantonner les femmes au rôle stéréotypé de la mère, qui donne naissance aux enfants et reste à la maison pour les élever. Cette vision n’est pas compatible avec une approche fondée sur les droits de l'homme qui considère les femmes (et les hommes) comme des membres autonomes de la société, qui devraient pouvoir choisir euxmêmes, dans des conditions d’égalité, le rôle qu’ils veulent jouer dans la société et dans la famille. L’un des cinq objectifs de la Stratégie du Conseil de l'Europe pour l'égalité entre les femmes et les hommes 2014-2017 consiste d’ailleurs à combattre les stéréotypes de genre, qui « constituent un sérieux obstacle à la réalisation d’une véritable égalité entre les femmes et les hommes et favorisent la discrimination fondée sur le genre ». 

Un autre problème, c’est que l’approche traditionaliste de la société est souvent utilisée pour justifier le sexisme, qui est la supposition, l’opinion ou l’affirmation qu’un sexe est supérieur à l’autre. Souvent, les partisans de cette approche défendent, ne serait-ce qu’implicitement, l’idée de la supériorité des hommes sur les femmes. Les attitudes sexistes conduisent à une discrimination envers les personnes appartenant au sexe jugé inférieur, tout comme les attitudes racistes conduisent à une discrimination envers les membres de la « race » jugée inférieure. C’est pourquoi le droit international des droits de l'homme soumet les Etats à l’obligation de prendre les mesures appropriées pour modifier les schémas et modèles de comportement socioculturel de l'homme et de la femme, en vue de parvenir à l'élimination des préjugés et des pratiques coutumières, ou de tout autre type, qui sont fondés sur l'idée de l'infériorité ou de la supériorité de l'un ou l'autre sexe ou d'un rôle stéréotypé des hommes et des femmes. La Cour européenne des droits de l'homme (« la Cour ») a aussi souligné que « les stéréotypes liés au sexe – telle l’idée que ce sont plutôt les femmes qui s’occupent des enfants et plutôt les hommes qui travaillent pour gagner de l’argent – ne peuvent en soi passer pour constituer une justification suffisante de la différence de traitement en cause, pas plus que ne le peuvent des stéréotypes du même ordre fondés sur la race, l’origine, la couleur ou l’orientation sexuelle ». 

Apparemment, une autre objection fondamentale trouve son origine dans des conceptions divergentes de la famille. La jurisprudence de la Cour a évolué considérablement ces dernières années sur la question de savoir ce qui constitue la « vie privée et familiale » et mérite donc une protection au titre de l’article 8. Pour beaucoup, c’est là le cœur du problème. La Cour a reconnu progressivement que des partenaires de même sexe engagés dans une relation stable méritent une protection juridique sous la forme d’une union civile ou d’un partenariat enregistré, pas nécessairement d’un « mariage gay ». Récemment, dans l’affaire Oliari et autres c. Italie, la Cour a conclu qu’il existe une tendance à la reconnaissance juridique des couples homosexuels puisque 24 des 47 Etats membres du Conseil de l'Europe ont adopté une législation permettant pareille reconnaissance. Sur ce point, il semble que le monde des droits de l'homme et les défenseurs de la famille traditionnelle doivent s’accorder sur le fait de ne pas être d’accord. 

Une autre critique concerne la reconnaissance de la diversité des genres. Les détracteurs de cette diversité, qui invoquent les « valeurs traditionnelles », estiment à tort que la population comprend uniquement des hommes et des femmes et ignorent, par exemple, l’existence de « personnes intersexes », impossibles à ranger dans l’une des deux catégories en raison de leur anatomie (par le passé, ces personnes étaient parfois appelées « hermaphrodites »). Ainsi que je l’ai indiqué dans un document thématique publié récemment, hors d’Europe, il y a plusieurs pays où la reconnaissance des personnes d’un troisième genre ou d’un genre indéterminé n’a rien d’extraordinaire. 

Des critiques semblent viser tout particulièrement la reconnaissance croissante des droits des personnes transgenres, c'est-à-dire des personnes qui estiment que le sexe qui leur a été attribué à la naissance ne correspond pas à leur genre véritable et qui choisissent parfois de se soumettre à une opération chirurgicale de changement de sexe ou à un traitement hormonal. Selon une approche fondée sur les droits de l'homme, ces personnes ne doivent pas être considérées comme souffrant d’une maladie et les Etats ne doivent pas assortir la reconnaissance officielle du nouveau genre de conditions comme le divorce et/ou la stérilisation. Dès 2002, la Cour a constaté une tendance vers une acceptation sociale accrue des personnes transsexuelles et vers la reconnaissance juridique de la nouvelle identité sexuelle des personnes opérées. 

La Convention d’Istanbul est devenue la cible privilégiée de certains défenseurs des valeurs traditionnelles, car elle semble cristalliser à leurs yeux tous les maux évoqués plus haut. Certaines voix ultraconservatrices essaient de justifier la violence domestique (à l’égard des femmes et des enfants), ou de la faire passer pour tolérable, en l’assimilant à des « querelles » familiales d’ordre privé ou à la punition méritée d’enfants désobéissants. Selon cette conception, toute tentative de prévenir la violence domestique constitue une ingérence extérieure dans le sanctuaire inviolable du mariage et de la famille. Face à ces points de vue inacceptables, il n’y a qu’une seule réponse : ce ne sont pas les mesures prises pour prévenir et combattre la violence domestique qui détruisent le mariage et la famille, mais c’est la violence domestique elle-même. 

D’autres détracteurs soutiennent que la violence dans la famille touche autant les hommes que les femmes et que la focalisation sur les femmes victimes est d’une certaine manière trompeuse ou « discriminatoire ». Cette affirmation est démentie par les données, qui suggèrent que, dans tous les pays européens, ce sont le plus souvent les femmes qui sont les victimes de la violence familiale. Certains reconnaissent même que la violence à l'égard des femmes est un problème, mais ne veulent pas que les gouvernements remettent en cause les rôles traditionnels des genres et les stéréotypes, par l’éducation et la sensibilisation, comme le prévoit la Convention d’Istanbul. Il est pourtant tout naturel que l’obligation générale de combattre les stéréotypes de genre, déjà mentionnée, fasse partie intégrante des mesures requises par la Convention d’Istanbul pour prévenir la violence à l'égard des femmes fondée sur le genre et la violence domestique. La Convention repose sur l’idée que la violence à l'égard des femmes est une manifestation du phénomène plus large des rapports de force inégaux entre les femmes et les hommes, auquel il faut s’attaquer si l’on veut traiter efficacement la question de la violence. Cette idée est corroborée par de nombreux travaux universitaires, que les détracteurs préfèrent ignorer. 

Des critiques visent aussi, dans la Convention, la liste des éléments qui ne doivent pas être des motifs de discrimination, sur laquelle figurent notamment l’orientation sexuelle et l’identité de genre. Aux yeux de ceux qui expriment ces critiques, ratifier la Convention reviendrait à reconnaître des identités inacceptables. Ils perdent de vue le fait que la Convention d’Istanbul a pour but de combattre la violence à l'égard des femmes et la violence domestique et que l’orientation sexuelle et l’identité de genre s’ajoutent à des éléments comme la race, le handicap et l’âge, afin de mieux protéger les personnes LGBTI victimes de violence fondée sur le genre, qui risquent d’avoir des difficultés particulières à saisir la justice et à recevoir une aide.

 Ce qui me préoccupe, c’est que toutes ces critiques dont le mot « genre » fait l’objet sont de plus en plus préjudiciables à la protection des droits de l'homme, notamment des droits des femmes et des personnes LGBTI en Europe. Ceux qui travaillent dans le domaine des droits de l'homme doivent réagir plus énergiquement aux critiques et utiliser des données probantes et des travaux universitaires pour déconstruire les mythes, dénoncer les déformations et vaincre les peurs. Les milieux laïcs ou religieux qui critiquent l’« idéologie du genre » et la « théorie du genre » ont certes le droit de penser ce qu’ils veulent et d’exprimer leur point de vue, mais il ne faudrait pas les laisser diminuer les droits individuels au nom de leurs croyances. Il ne faudrait pas non plus les laisser arrêter le progrès dans la reconnaissance et le traitement de l’inégalité entre les femmes et les hommes et ignorer la réalité de la diversité des genres ou l’évolution du droit européen des droits de l'homme. En définitive, ce ne sont pas les droits de l'homme qui transforment la manière dont les gens comprennent leurs identités, mais bien l’inverse : la législation en matière de droits de l'homme s’adapte lentement à la réalité vécue et aux besoins concrets de personnes différentes et de familles arc-en-ciel. Cela ne signifie pas que l’homme, la femme et la famille traditionnelles soient voués à disparaître. Ils sont simplement complétés par une riche mosaïque d’identités individuelles et de partenariats qui sont longtemps restés ignorés


de Nils Muižnieks, Commissaire aux droits de l’homme 

martes, 17 de enero de 2017

MAROC: Sur les violences faite aux femmes



 Recommandations à l’Etat marocain
Lutter contre les violences basées sur le genre par la mise en œuvre du Plan gouvernemental de l’Égalité ainsi que par l’opérationnalisation réelle et coordonnée des stratégies des différents départements ministériels ;
Réviser la législation pénale pour répondre à trois impératifs, et ce conformément à l’article 22 de la Constitution : l’investigation des violences perpétrées, la sanction de ces violences afin de mettre fin à l’impunité dans ce domaine et la réparation des préjudices subis par les victimes ;
Promulguer une loi cadre et/ou une loi spécifique pour lutter contre les violences à l’encontre des femmes, conforme aux normes des Nations Unies et aux dispositions de la Convention d’Istanbul sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique ;
Renforcer la prise de conscience de l’opinion publique sur la question des violences basées sur le genre et une politique de sensibilisation aux droits des femmes et à la culture de l’égalité ;
Renforcer la formation des professionnels ;
Consacrer un budget pour les cellules et les structures de prise en charge des femmes au niveau national ainsi que dans chaque région et collectivité locale ;
Instituer des centres d’hébergement pour les femmes et leurs enfants ;
Instituer des mécanismes sectoriels pour la prise en charge des femmes victimes de violences en vue de prendre les mesures de protection d’urgence et fournir des services médicaux, administratifs et juridiques, ainsi que des services d’accueil et d’écoute des victimes ;
Mettre en œuvre des mécanismes efficaces de coordination entre ces structures et les différents acteurs concernés, y compris les associations féminines, qui devraient être associées à tous les mécanismes et à l’élaboration des stratégies d’intervention ; appliquer le principe de la parité au niveau de la représentation dans ces mécanismes


http://www.euromedrights.org/wp-content/uploads/2016/12/EMHRN-Factsheet-VAW-Morocco-FR-2016.pdf

miércoles, 14 de diciembre de 2016

Les violences faites aux femmes : Je suis Amira Merabet.



« Amira est sortie de chez elle, comme chaque matin, pour aller travailler à la mairie, raconte Amel, étudiante en médecine et militante de Constantine. Son agresseur l’attendait. Il a essayé de la faire monter de force dans sa camionnette. Elle a refusé. Il a versé un liquide inflammable sur elle, a jeté son briquet et a pris la fuite à pied. Il avait tout prémédité. » 



L’histoire de Amira Merabet fait le tour du web après l’apparition d’un hommage rédigé par Amel Hadjadj 

« Je suis Amira Merabet…..j’ai été brûlée vive….par un diable humain dont la haine envers la femme en moi ne lui donna pas seulement l’envie de me tuer…mais de me brûler vive en commençant par défigurer mon visage et brûler tout mon pauvre et faible corps par la suite….ne vous inquiétez pas, je suis juste morte…et il est juste en fuite…..

Que faire !!!! Dénoncer le féminicide… Ou dénoncer le silence d’une société sans voix devant un crime si crapuleux, juste parce que crapuleux pour elle devient droit et nature quand on est un homme…. !

Assassinée dans l’insouciance…. Assassinée avec la bénédiction des médias silencieux de mon pays….assassinée devant les yeux de ma société qui s’en fout…ma société qui trouve que le fait qu’une femme quitte son mec est un acte plus grave que celui commis par mon bourreau… Mon bourreau est moins jugé que Ikram… Mon bourreau m’a juste brûlé vive….j’ai souffert ..j’ai été défigurée, agressée, violentée, traumatisée….hospitalisée puis amputée…et au final….. juste morte….tout celà avec la bénédiction de ma société qui a plus réagit contre la décision de rupture d’une femme, que contre mon cruel assassinat….. Car moi et elle dans ma société soit on occupe le siége de l’accusé et du coupable, soit rien….juste rien. !

Je suis Merabet Amira… J’avais 34ans…je suis d’El Khroub de Constantine, c’est là-bas que j’habitais….c’est là-bas que je travaillais…c’est là-bas que mon bourreau m’a piégé…..c’est là-bas que j’ai été hospitalisé…c’est là-bas qu’à mes blessures j’ai succombé….et c’est aussi là-bas qu’en ce triste 06 Septembre 2016 je suis enterrée sans même pas que la quasi totalité de ma société ne dénonce ce que que j’ai subi…. J’ai subi une atroce torture avant de succomber à mes blessures…une torture peut être moindre finalement face à la torture de ma société misogyne….qui ne voit en moi qu’un être mis tout le temps en examen, et dont la seule mission et de ne pas décevoir les principes d’une société misogyne, patriarcale et surtout injuste.. Rejoindre feu Razika Cherif dans la liste des femmes victimes d agressions faites aux femmes, pour ma société est plus souhaitable que de rejoindre une femme libre qui souhaite simplement divorcer…

Je suis Merabet Amira, mon bourreau m’a brûlé vive, il a pris la fuite…et ne vous inquiétez pas en ce qui me concerne…car moi dans votre silence je suis juste morte…



http://kabylie-news.com/actualite/je-suis-amira-merabet-jai-ete-brulee-vive/
http://lecourrierdelatlas.com/je-suis-amira-merabet-et-j-ai-ete-brulee-vive--5486
https://www.middleeastmonitor.com/20160914-algerian-women-protest-against-violence/
http://www.afrik.com/algerie-vibrant-hommage-a-amira-merabet-brulee-vive-a-constantine
http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/09/21/en-algerie-la-mort-d-amira-merabet-brulee-vive-rouvre-le-debat-sur-les-violences-faites-aux-femmes_5001483_3212.html

domingo, 30 de noviembre de 2014

La longue marche de la femme tunisienne vers l'émancipation





Depuis 1956, la Tunisie est le pays arabe accordant le plus de droits aux femmes. La place de la femme tunisienne fait figure d’exception dans le monde arabo-musulman.

(Par Nesrine Chihi) - La Révolution du Jasmin, à laquelle les femmes tunisiennes ont participé activement aux côtés des hommes, a mis fin à la dictature de Ben Ali et leur a permis d’accéder à certaines libertés fondamentales telles que la liberté d’expression, la liberté de la presse, la liberté d’association, etc. Et effectivement, elles ont depuis pu manifester dans les rues de Tunis pour témoigner de leur mécontentement, sans en être inquiétées outre mesure.

Aujourd'hui, la femme tunisienne dispose du statut le plus avancé du monde arabe. Elle le doit certes à un grand homme d’Etat, Habib Bourguiba, mais aussi à tous ces hommes et ces femmes connus ou anonymes qui y ont contribué par leurs écrits ou leur engagement politique.

Egalité hommes-femmes. - Le sujet était lui-aussi sensible et, à l'ouverture des débats, les ONG de défense des droits de l'homme avaient appelé dans un communiqué à «énoncer le principe d'égalité entre les hommes et les femmes dans toutes ses dimensions» dans la nouvelle Loi Fondamentale tunisienne. Le parti Ennahda avait fait scandale durant l'été 2012 en annonçant vouloir y introduire le concept de «complémentarité» homme-femme.
Mais là encore, la logique de compromis est intervenue entre les partis, permettant une première dans le monde arabe. Les députés ont en effet approuvé l'égalité «sans discrimination» des «citoyens et citoyennes».

«Tous les citoyens et les citoyennes ont les mêmes droits et les mêmes devoirs. Ils sont égaux devant la loi sans discrimination aucune», dispose ainsi l'article 20 du projet de Constitution adopté par 159 voix sur 169 votants.

Les droits de la femme. - Cette Loi Fondamentale est, dans le monde arabe et musulman, la constitution qui offre le plus de garanties pour les droits des femmes. Ainsi, dans son article 34, la Constitution oblige l'Etat à garantir la représentativité des femmes dans les assemblées élues. L'article 40 affirme que «tout citoyen et toute citoyenne ont le droit au travail dans des conditions décentes et à salaire équitable». L'article 46, consacré plus particulièrement aux droits des femmes, inscrit dans la Constitution, la protection des acquis de la femme, le principe de parité et la lutte contre les violences faites aux femmes.

«Ma candidature a été un message fort pour ceux qui veulent nous tirer en arrière, mais aussi pour les partis de gauche et de droite, qui sont tous machistes. C’était également un message pour le monde, qui démontre que la révolution n’a pas seulement apporté la liberté d’expression, mais qu’elle a permis aux femmes de s’ouvrir à la politique», a déclare Kalthoum Kannou, la première femme du monde arabe à être candidate à la présidence de la République. Une pionnière qui s’est toujours battue pour l’indépendance de la justice.

Kalthoum Kannou est une femme volontaire et de principes. Sa carrière de juge a été marquée par un combat qui lui a valu le harcèlement de l’ancien régime et des exils intérieurs. Elle est la seule femme dont la candidature a été validée par Instance Supérieure Indépendante pour les Élections (ISIE).

Militante pour les Droits de l’Homme, l’avocate Radhia Nasraoui a fondé l’Association de Lutte contre la Torture en Tunisie. Pour son action militante, pendant des années, elle et ses trois filles ont fait l’objet d’intenses pressions, d’intimidations et de violences physiques de la part du régime Benaliste.

Ces femmes sont les figures de proue de cette lutte pour un statut digne de la femme en Tunisie - et elles sont suivies par de nombreuses femmes connues et inconnues.

Le voile. - Un autre aspect de cette liberté nouvelle dont jouissent les femmes tunisiennes, réside dans le port du voile. Au temps de Bourguiba et de Ben Ali, celles qui portaient le voile s'attiraient des ennuis, d'ailleurs le premier avait qualifié le voile de femmes de «misérable chiffon».

Fatma Ben Guefrache a remporté ce samedi 22 novembre 2014, le concours de «Miss Monde Muslimah» qui se déroulait en Indonésie. Une Tunisienne remporte Miss Monde Muslimah ! La jeune informaticienne de 25 ans aurait été choisie pour sa beauté mais aussi pour sa capacité à réciter les versets du Coran et sa vision du monde musulman.

Profitant de cette liberté certaines tunisiennes, de plus en plus nombreuses, se sont mises à porter le voile dans un souci d’être davantage en accord avec leurs croyances religieuses.

Depuis 55 ans, les femmes militent pour toujours plus de liberté : elles sont descendues dans la rue, aux côtés des hommes, pour chasser Ben Ali du pouvoir. Aujourd’hui, le combat continue pour préserver les droits acquis sous le régime de l’ancien dictateur qui a fait de la Tunisie une exception dans le monde arabe pour ce qui est du statut de la femme.

«L'avenir de l'homme, c'est la femme» - voila une citation qui pourrait s’appliquer à la situation actuelle en Tunisie.

Faisons confiance à ces femmes tunisiennes actives, investies, idéalistes mais réalistes qui se battent pour conserver et améliorer la condition de la femme. Pour autant, leur première lutte est celle de la démocratie, un long chemin dont il faut écrire la partition puisqu’il ne suffit pas de suivre à la lettre celui parcouru par les démocraties occidentales, mais y inclure la spécificité traditionnelle encore bien présente dans la société tunisienne. Mais en vue de l’évolution, tous les espoirs sont permis en Tunisie !

30 novembre 2014 |  Par Kai Littmann

http://blog.slateafrique.com/tawa-fi-tunis/page/12/

viernes, 9 de mayo de 2014

Tunisie: La violence conjugale reste la première cause de décès des femmes âgées entre 16 et 44 ans (ministre de la Santé)


A l'occasion de la deuxième session de formation des formateurs sur le thème de la lutte contre la violence conjugale organisée vendredi 9 mai à Tunis, le ministre de la Santé, Mohamed Salah Ben Ammar, a déclaré que les derniers chiffres de l'Office national de la famille et de la population (ONFP) indiquent que la violence conjugale demeure la première cause d'agressions physiques et de décès des femmes âgées entre 16 et 44 ans. 

Le ministre a précisé que la violence qui touche toutes les catégories sociales, constitue une atteinte aux droits de l'homme et une violation des libertés fondamentales de la femme. 

Il a mis l'accent sur l'importance de la coopération entre toutes les parties concernées ainsi que sur la sensibilisation à l'ampleur de ce fléau social qui reste un sujet "douloureux et provocateur" malgré tous les acquis réalisés en Tunisie pour promouvoir la condition de la femme.

Le rapport de l'ONFP montre par ailleurs que 57% des femmes victime d'agressions conjugales acceptent cette violence.

De son côté, la secrétaire d'Etat de la femme et de la famille, Neila Chaâbane, a indiqué que les données sur la violence conjugale en Tunisie sont alarmantes, qualifiant la situation de "grave" et appelant à prendre les mesures nécessaires pour limiter ce phénomène et prendre en charge les femmes victimes de violence.

Elle a précisé que le secrétariat d'Etat se penche sur l'élaboration d'un projet de loi cadre relatif à la lutte contre la violence faite aux femmes. Elle a annoncé la création d'un centre d'accueil pour les femmes victimes de violence conjugale et ce en collaboration avec la Croix Rouge.

Chaabane a rappelé que l'article 46 de la Constitution Tunisienne stipule que "L'Etat s'engage à protéger les droits acquis de la femme et prend les mesures nécessaires afin d'éradiquer la violence contre la femme".

http://www.huffpostmaghreb.com/2014/05/09/tunisie-violence-conjugale_n_5295889.html

miércoles, 18 de diciembre de 2013

La violence contre les femmes


Dans toutes les sociétés, à des degrés divers, les femmes et les petites filles sont victimes de violences physiques, sexuelles et psychologiques quels que soient leur revenu, leur classe sociale et leur culture...
La violence contre les femmes constitue une violation des droits fondamentaux et des libertés fondamentales des femmes et empêche partiellement ou totalement celles-ci de jouir de leurs droits et libertés.
* Déclaration et Programme d'action de Beijing, paragraphe 12.

jueves, 20 de diciembre de 2012

Les nouvelles familles dans la société française, hier, aujourd'hui et demain" Une approche sociologique, historique et anthropologique



Ce colloque sera introduit par un(e) représentant(e) politique local, ainsi que les deux associations organisatrices, l’APGL et le CNAFAL. Trois tables-rondes seront ensuite organisées sur des thématiques anthropologiques, historiques et sociologiques.

La première table-ronde traitera de la représentation de la famille dans la société française, historiquement et aujourd’hui. Elle abordera les sujets de manière anthropologique, historique et philosophique et permettra de réfléchir aux manières de faire famille qui sont autorisées par la société et aux schémas de représentation de la famille. Seront notamment traitées les questions des "jeunes filles mères" dans l’histoire et des familles monoparentales aujourd’hui, le mariage en tant qu’institution, la question du divorce, ainsi que la diversité des familles ne correspondant pas à la norme de la famille nucléaire hétérosexuelle et française: les familles homoparentales, recomposées, migrantes… On s’interrogera sur le concept de "nouvelles familles" - en quoi sont-elles réellement nouvelles?

La deuxième table-ronde traitera des grands combats autour de la famille, hier, aujourd’hui et demain. Elle fera l’état des lieux des grands combats historiques qui ont eu une répercussion sur les familles, en particulier les combats féministes (divorce, statut de majeures des femmes, avortement,…) et de l’évolution du droit de la famille. Elle permettra ensuite de voir quels sont les combats importants actuellement, notamment par rapport à la proposition de loi sur le mariage et l’adoption pour tous. Enfin, nous pourrons réfléchir aux débats à venir, notamment au niveau des lacunes de cette proposition de loi en terme d’ouverture de la PMA à toutes les femmes, de la reconnaissance de la pluriparentalité et aussi au niveau de la parentalité des personnes transgenres et transsexuelles.

La dernière table-ronde s’interrogera sur les études autour des nouvelles familles. Quelles sont les études menées sur les familles, comment et pourquoi sont-elles menées? Comment les études quantitatives (statistiques) sont utilisées pour soutenir la revendication de droits ou au contraire pour la contrer?
 http://www.gendercampus.ch/d/Calendar/01/default.aspx